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19 avril 2010
Par kassandre Licence Art-Libre | ’j’ai essayé d’aborder quelque chose de très intime pour toucher à l’universel’ |
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Lyson Leclercq est comédienne et réalisatrice, elle vit et travaille à Paris et livre son premier film ’...De Mes Nuits Blanches’ à Kassandre (sortie imminente). Entretien.
Tu es d’abord comédienne, comment est-tu venue à la réalisation ? Je suis effectivement comédienne de formation, j’écris depuis petite, avant même de jouer la comédie, de la prose, des poèmes, des nouvelles. Le scénario est une structure qui m’a stimulé. J’y suis allée sans me poser de questions. Seul le plaisir que j’y trouve me guide et puis les images étaient si présentes qu’il était pour moi irrésistible de les concrétiser. Aujourd’hui je me rends compte de l’importance des images dans ma vie, images de spectacles vivants, images naissant sous le révélateur du labo photo de mes parents : magique ! Et les images de cinéma évidemment, mon premier souvenir. Les premières images qui m’ont marquées ont étés celles du film Les Valseuses de Bertrand Blier quand j’avais 6 ans. J’aime la polyvalence, j’aime le fait d’être créative tous les jours. Le jeu est une façon de s’exprimer, la sculpture que je pratique en est une autre, la réalisation est une source de satisfaction différente de celle du jeu. La réalisation permet de rendre réel, palpable son imaginaire. Et comment s’est passée la réalisation de ’...De mes nuits blanches’, ton premier film, au niveau de la production, de la direction d’équipe et des comédiens ?
Nous avons alors abordé le travail en réfléchissant à une dimension chorégraphique du film. J’écoutais les BO de Wong Kar Wai pendant l’écriture du scénario et du découpage technique. Elles suggèrent une grande fluidité, élément important du plan séquence. Une fois le film découpé, chorégraphié, j’ai travaillé avec un coach : Sebastien Bonnabel. Je n’étais pas dirigée
La direction s’est faite simplement. J’ai eu la chance de travailler avec une équipe professionnelle, à l’écoute, enthousiasmée par l’idée du plan séquence. Pour la direction des acteurs, étant moi-même comédienne, les choses ont coulé de source. J’aime laisser une autonomie aux acteurs, une liberté dans ce cadre imposé de l’histoire et de la contrainte technique. Comment est-tu venue à traiter le thème de "l’attente amoureuse" ? Avec ’...De Mes Nuits Blanches’, j’ai essayé d’aborder quelque chose de très intime pour toucher à l’universel. Je vois mes ami(e)s attendre le coup de fil retentissant, le texto annonciateur. Cette attente me semble voir systématiquement les questions affluer. On attend tous l’amour quelque soit notre façon d’appréhender cette attente. Il était important pour moi d’y mettre de l’humour, quelque chose de tendre, d’humain. C’est difficile d’être à la fois réalisatrice et interprète ? Bien sûr, le fait de réaliser et de jouer n’était pas simple, le plan séquence m’a beaucoup aidé en ce sens. La lumière était posée, je n’avais pas à me questionner sur la façon dont j’allais filmer ou éclairer le plan suivant, finalement à « action » je n’étais que dans mon rôle, dans le jeu.
J’ai beaucoup appris sur mon métier de comédienne en réalisant. Avec ’...De Mes Nuits Blanches’, j’ai eu l’opportunité d’expérimenter trois étapes de la création d’un film : l’écriture, la réalisation et l’interprétation. En effet si l’acteur participe évidemment à la réussite artistique d’un film c’est parce qu’il a cette liberté d’être maître de son art, auteur, quelque part, de son interprétation. Au fond, c’est de cela dont il s’agissait avec ce film, se poser en auteur à tous les niveaux. Est-tu influencée par les œuvres de certains cinéastes ? David Lynch m’inspire énormément. J’aime sa liberté, son audace. J’aime l’idée d’inventer ses propres règles, son espace-temps à l’intérieur d’une structure. Le photographe Cartier-Bresson est un exemple parfait en ce sens. Il a été formé par un cubiste, ses photos ont une structure géométrique dans laquelle vivent l’instinct, l’émotion, des instants rares.
Des projets en cours ?
Tu as fait le choix de partager librement ton film sur Internet, c’est une idée saugrenue par les temps qui courent... Quand on fait un film c’est… généreux, on le fait pour soi certes mais le plaisir, l’envie est de faire rêver les spectateurs, quel intérêt de raconter une histoire que personne n’entendra ? La plateforme de Kassandre est pour mon film ’...De Mes Nuits Blanches’ une chance de toucher un grand nombre de spectateurs. Que le film soit vu est ce qui compte, c’est pourquoi le projet de Kassandre est primordial à mes yeux. Merci ! Maintenant en streaming et téléchargement : cliquez ici | |